Anonyme | Gavroche | 29/03/2018
Culture / Actu  

« Decoding Thainess » : une nouvelle exposition permanente au Museum Siam

Cet ancien palais devenu par la suite le ministère du Commerce abrite depuis 2007 le Museum Siam (à ne pas confondre avec le National Museum). Après deux ans de fermeture au public, une nouvelle exposition ouvre ses portes sur le concept de la  « Thainess » (la thaïe attitude) : to be or not to be « thaï », là est la question que tente de définir cette installation interactive et ludique, jonglant entre le pop art et la tradition royale en passant par la religion.

C’est en bateau, derrière le complexe Yodpiman River Walk, que l’arrivée au musée situé rue Sanamchaï est pour l’instant non seulement la plus romantique, mais aussi la plus pratique, en attendant l’arrivée prochaine du métro qui débouchera au pied du musée, lui-même situé proche du Wat Pho, dans le quartier historique de Rattanakosin.

Ce charmant palais de style néo-classique européen dont la façade extérieure épouse la couleur jaune paille caractéristique du quartier est entouré d’une vaste pelouse et accueille, en plus du musée, un petit auditorium pour conférences ou séminaires ainsi qu’un café. Premier véritable musée inter-actif de Thaïlande, ludique et didactique, il comprend dix-sept salles réparties sur deux étages.

La première exposition, qui dura presque neuf ans, présentait l’histoire de la Thaïlande, des premières civilisations à la Thaïlande contemporaine en passant par la naissance du Siam et l’histoire de Bangkok.

On y voyait se mettre en place, au fil du temps, les différents ingrédients qui allaient former l’identité thaïlandaise. La nouvelle exposition propose une approche plus approfondie sur la notion d’identité nationale, la « thaïness ». Ce n’est plus l’horizontalité du temps historique que l’on explore, mais la profondeur d’un concept.

Qu’est-ce qui est « thaï » ou ne l’est pas ? Et si c’est thaï, est-ce un peu, beaucoup ou passionnément  thaï ? Combien de pourcentage de thainess contient un tuk-tuk par exemple ? Tant d’interrogations subjectives posées au visiteur au début de l’exposition. La suite est plus interactive et ludique, avec des ateliers où l’on peut se déguiser selon les époques et les cérémonies, jouer à la  loterie ou composer sur une assiette un menu thaïlandais.

On peut s’interroger sur la genèse de ce questionnement sur l’identité nationale. C’est lors du scandale en 2012 soulevé par le passage de Lady Gaga en Thaïlande que tout a commencé. La chanteuse, lors de son concert à Bangkok, a pris le chapeau d’un de ses fans dans le public et s’en est attifée. Mais il ne s’agissait pas de n’importe quel chapeau, c’était un chada, la coiffe portée à la cour royale, en forme de stupa effilé et doré, que les danseurs revêtent lors des cérémonies religieuses.

Précisons que la tenue corporelle de Lady Gaga était des plus légères, dentelles et bretelles élastiques noires. Débats sur les réseaux sociaux, remise en question de « ce qui se fait et ne se fait pas » au nom de la culture thaïlandaise, « ce qui est thaï ou ne l’est pas »… Elans conservateurs ou nationalistes de cette jeune nation thaïlandaise.

Jeune nation, mais ô combien en phase avec la mondialisation qu’elle accueille en toute bienveillance, surtout lorsqu’elle vient des Etats-Unis, pays ami depuis les années 50. On sera alors peut-être étonné, ou pas, de voir que le Ronald de Mac Donald comprend davantage de thaïness que les tribus Karens.

« C’est parce qu’il fait le waï, le salut thaïlandais », précise l’un des curateurs de  l’exposition, Kob Tiptus. Lorsque le Siam change de nom en 1939, c’est un choc pour certains. Même « Miss Siam », symbole  emblématique de l’époque, sera remplacée par « Miss Thailand ». Et voici déjà l’origine des débats entre les conservateurs et les progressistes.

La question est alors de savoir à qui et à quoi le peuple va devoir s’identifier et en quoi il pourra se reconnaître. Toujours au troisi-ème étage, se trouve une immense table d’où jaillissent des blocs de plexiglass contenant des photos en 3D, une voix expliquant (en anglais) les différentes étapes de l’histoire de la nation : des origines du bouddhisme à l’ouverture massive des voies aériennes et du tourisme en 1980, en passant par la constitution et le drapeau thaïlandais, sans oublier la crise financière de 1997 et la chute brutale des « tigres économiques » d’Asie du Sud-Est.

Rama IX est à l’honneur, partout et toujours : il est celui qui, après la révolution et la prise du pouvoir de Plaek  Phibunsongkhram en 1938, Premier ministre despotique lors de la Seconde Guerre mondiale, saura redorer le blason d’une monarchie affaiblie et asseoir son pouvoir en revalo-risant la culture populaire et les traditions. Au glamour des ors et des jades du palais royal se mêlent la culture de la street food et des cultes animiste, hindouiste et bouddhique.

La salle impartie aux décors royaux représente le mont Méru entouré de ses sept montagnes bordées par l’océan. Au sommet trône le roi et à sa base Garuda, l’oiseau mythologique. C’est la même structure que l’on retrouve au crématorium et au grand palais : un calque de l’architecture complexe de la cosmogonie sacrée de l’hindouisme.

« La nouvelle génération est très attirée par cette Thaïlande aux accents vintage, précise Kob Tiptus, le curateur. On se reconnait dans ce passé récent des  années cinquante, la génération de nos grands-parents. Il y a aussi cet attrait pour les petites communautés, le pop art, les objets de notre quotidien, mais aussi le glamour de la royauté qui est une partie très forte de notre identité thaïlandaise. »

Il est temps de descendre au deuxième étage et d’aller jouer avec les nombreux écoliers qui visitent l’exposition. Etre un grand enfant n’est-ce pas un peu la thaïness  aussi ? Chacun pourra avoir sa photo en costume de paysan thaïlandais avec un beau buffle noir en fond de décor, ou bien préférer les robes à frou-frou et à fleurs des années cinquante sur décor d’avenues désencombrées du trafic habituel que l’on connait à Bangkok aujourd’hui.

Cette exposition, accessible à tout public, thaïlandais et étranger, jeune et moins jeune, est prévue pour une durée d’au moins cinq ans. Des expositions temporaires seront proposées tout au long de l’année. La prochaine, en mai 2018, aura pour thème la communauté LGBT. 


Sanam Chai Road (Sortie Pier N° 7)
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Tarifs : 100 B pour les Thaïlandais, 200 B pour les étrangers
(étudiants et groupe à partir de 4 personnes : 50 B).
Gratuité pour les enfants de moins de 15 ans et les séniors de plus de 60 ans.
Gratuit tous les jours pour tous de
16h à 18h
www.museumsiam.org

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